À Nadine

Chère Nadine,
J’aurais aimé pouvoir vous témoigner directement ma compassion dans l’épreuve particulièrement douloureuse qui vous frappe aujourd’hui.

Nous nous sommes connues lorsque vous donniez des cours de gymnastique dans ma commune. Nous nous sommes côtoyées pendant plusieurs années, une à deux heures par semaine et j’appréciais votre joie de vivre, votre dynamisme et votre humour. Pourtant, vous aviez vécu des épisodes difficiles, le deuil, la maladie, mais je sentais chez vous un appétit de vivre, un élan vers l’avenir. Vous affichiez une insouciance volontaire qui m’a souvent fait du bien, moi qui était confrontée à des difficultés avec ma fille ainée et qui avait tendance à ruminer ces soucis bien légers dans mon coin.

Vous nous amusiez avec des anecdotes de votre vie quotidienne mais restiez discrète sur les évènements importants de votre existence. Nous connaissions votre générosité car vous nous sollicitiez régulièrement pour des dons de vêtements que vous remettiez à des œuvres qui les acheminaient en Afrique. Nous savions que vous étiez visiteuse de prison et nous avons appris, grâce à une émission de télévision, que vous aviez épousé un détenu condamné dans une affaire qui reste encore un mystère. Et puis, vous avez déménagé pour vous rapprocher de la prison où votre mari avait été transféré et vous avez cédé vos cours à d’autres professeurs.

Plus tard, j’ai appris par la presse la libération de votre mari et je crois vous avoir aperçue rapidement à la télévision, vous étiez radieuse et j’ai été heureuse pour vous. Depuis, je me suis souvent demandé ce que vous étiez devenue, où vous viviez, un peu par curiosité mais aussi parce que mon fils tardait à prendre son envol hors de la maison. J’aurais aimé vous en parler, avoir vos conseils car vous aviez aussi connu cette situation.

Il y a quelques jours, votre mari est revenu dans l’actualité, malheureusement d’une manière définitive et tragique. Je viens de lire une interview que vous avez accordée au journal Le Parisien. Je vous retrouve dans la photo qui l’illustre et dans certains de vos propos. Je suis peinée par votre état de choc et votre chagrin. Vous dites être dans le brouillard et n’avoir aucun projet mais vous allez rester pour assurer le suivi de l’enquête et là, je vous reconnais bien, vaillant petit soldat. Je suis sûre que vous saurez faire face à cette épreuve et rebondir.

Je voudrais vous envoyer des ondes positives, vous donner du courage et vous assurer de ma sympathie. C’est bien peu de choses face aux milliers de kilomètres entre nous. Ce qui me rassure, c’est que vous avez des amies avec lesquelles vous aviez passé la soirée avant le drame. Vous n’êtes pas seule.

Bien amicalement à vous.

Source photo d’en-tête
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A propos Nanou

J'aime la lecture, la nature, les grands espaces. J'aime marcher sur les dunes, face à l'océan, regarder vers le large. Mon avatar est extrait d'un tableau de Setch, Plus de bruit.
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